Une nouvelle épidémie de choléra a éclaté dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du Nigéria, faisant au moins huit morts et plus de 200 infectés dans 11 communautés rurales. Le district de Bukkuyum est particulièrement touché, alors que l’accès limité aux soins et l’insécurité généralisée compliquent les interventions sanitaires.
Des villages dépassés par l’épidémie
Les communautés rurales comme Nasarawa-Burkullu, Gurusu et Adabka sont en première ligne face à la propagation rapide de la maladie. Beaucoup de patients sont traités à domicile faute de structures de santé suffisantes. À Gurusu, plus de 21 malades sont hospitalisés, mais trois décès ont déjà été enregistrés, selon le chef du village Muhammad Jibci. Dans un autre village, Ya’u Umar a signalé 53 cas confirmés et a dénoncé l’absence totale de médicaments et de perfusions.
La situation est aggravée par les difficultés d’accès aux hôpitaux. « Des bandits nous empêchent d’aller en ville », a témoigné un habitant, soulignant à quel point l’insécurité compromet les chances de survie des malades. Le choléra, transmis par de l’eau contaminée, sévit régulièrement au Nigéria en raison du manque d’eau potable dans les zones rurales et les bidonvilles.
Insécurité et appel à l’action urgente
L’épidémie survient dans un contexte marqué par les attaques incessantes de groupes armés surnommés « bandits ». Ces gangs, qui multiplient enlèvements et extorsions, paralysent les déplacements et rendent l’agriculture dangereuse. Cette insécurité permanente empêche les communautés d’accéder à l’aide médicale, renforçant ainsi l’ampleur de la crise.
Face à l’urgence, Sulaiman Abubakar Gumi, député fédéral, a appelé les autorités locales et les ONG internationales à agir sans délai. Il a insisté sur la nécessité de déployer rapidement des équipes médicales d’urgence et de mettre en place des centres de traitement du choléra pour sauver des vies. « Tout retard coûtera davantage de vies, en particulier parmi les femmes et les enfants », a-t-il averti.
Malgré la gravité de la situation, les autorités sanitaires de Zamfara n’ont pas encore publié de communiqué officiel. Ce silence inquiète les habitants déjà accablés par l’insécurité et les pénuries, qui se retrouvent seuls face à une double menace : la violence des groupes armés et la propagation d’une maladie meurtrière.

