Les autorités maliennes ont inculpé Moussa Mara pour « atteinte à la crédibilité de l’État » après qu’il a affiché son soutien aux opposants politiques détenus sur les réseaux sociaux. L’ancien Premier ministre a publié un message sur X dans lequel il a affirmé sa « solidarité indéfectible » envers ces figures de l’opposition qu’il considère comme des « prisonniers d’opinion ». Le tribunal a fixé son procès au 29 septembre.
Des propos qui irritent la junte
Les autorités ont rapidement réagi à la publication de Mara. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les militaires au pouvoir surveillent de près les voix dissidentes. La cellule de cybercriminalité l’a convoqué deux fois et l’a accusé de vouloir troubler l’ordre public. Le procureur l’a également visé pour avoir parlé de « prisonniers d’opinion », une expression qu’il interprète comme un appel à défier le régime en place.
Moussa Mara, lui, défend fermement ses propos. Il veut maintenir vivante « la flamme de l’espoir » chez les détenus politiques. Il assume ses déclarations, continue de leur rendre visite, et rejette toute idée de faute. Il affirme qu’il agit selon ses convictions démocratiques et n’a violé aucune loi.
Un climat politique de plus en plus fermé
En mai, les dirigeants militaires ont dissous tous les partis politiques. En juin, ils ont prolongé de cinq ans le mandat présidentiel d’Assimi Goïta sans organiser d’élections. Depuis, ils intensifient la répression des critiques, même lorsqu’elles viennent d’anciens responsables comme Mara, qui a dirigé le pays en 2014.
Malgré les risques, Mara continue de parler. Il refuse de se taire et soutient les détenus politiques. Le régime considère ces gestes comme une provocation.
Ce procès à venir pourrait marquer un tournant. Il montrera jusqu’où la junte est prête à aller pour faire taire les opposants. Moussa Mara, lui, reste déterminé à défendre ses principes.

